Personnes disparues : les exploiteurs de la détresse  

52’ de Hervé Brèque et Jean-Baptiste Gallot, diffusé le 07/03/05 par « Lundi Investigation » Canal +.

Environ quarante-cinq mille personnes disparaissent chaque année en France. La grande majorité de ces personnes regagnent leur domicile dans les heures et les jours qui suivent. Mais pour quelques milliers de disparus, l’absence se prolonge des mois, voire des années. Pour la police et la gendarmerie, ces disparitions de personnes majeures ne sont pas une priorité. En France, le démarrage d’une enquête sérieuse est une loterie, en fonction du lieu de la disparition et du fonctionnaire qui reçoit le signalement. Les familles de disparus se retrouvent donc souvent seules, avec leur angoisse. A l’affût de la moindre piste, les familles font appel à ceux qui prétendent pouvoir les aider, des professionnels en tous genres, qui exploitent leur détresse.

Hervé Breque et Jean-Baptiste Gallot ont enquêté sur ce véritable « marché » de la disparition.
Pour pénétrer la nébuleuse des profiteurs qui gravitent autour des personnes disparues, l’équipe de Lundi Investigation a soumis les photos d’une jeune femme à différents « spécialistes ». L’aide proposée pour l’enquête est toujours annoncée comme gratuite et bénévole, avant de devenir payante, dès que les familles mordent à l’hameçon. L’offre est variée : des voyants et des radiesthésistes qui, à coups de « flashs » et de pendules, se contredisent et tirent toutes sortes de conclusions fantaisistes. Un marabout africain, qui réclame 3500 euros pour une poudre de perlimpinpin, censée faire revenir la personne disparue. Une association très médiatisée, dont plusieurs membres dénoncent le manque d’efficacité et l’opacité des comptes.

Un inspecteur de police à la retraite, qui propose ses services pour 8000 euros, en présentant sa carte tricolore pour impressionner le chaland.

Tournée en partie en caméra cachée, cette enquête met en lumière la vulnérabilité des familles de disparus, qui mettent tout en œuvre pour retrouver leur proche « sinon elles ont l’impression de tuer symboliquement leur enfant », comme l’explique une psychologue.

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